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09 mar 2008

Régamey et Guimet, ancêtres des touristes au Japon ?

"Je t'écris du pays des rêves... C'est un enchantement perpétuel - le nu dans toute sa splendeur - le costume aussi beau que l'antique avec la variété de coupe et de couleurs en plus. Un paysage merveilleux, enfin tout... L'âge d'or, ni plus ni moins."

Félix Régamey,
Lettre à son frère, 6 septembre 1876


Deux français : Emile Guimet (1836-1918), industriel lyonnais et Félix Régamey (1844-1907), un artiste, débarquent le 26 août 1876 à Yokohama au Japon dans le dessein d'enquêter sur les religions orientales. Ils séjournent au Japon du 26 août 1876 au 3 novembre 1876. Ils voyagent à travers tout le pays guidés par de jeunes japonais. Ils collectionnent les bronzes, les faïences, et rapportent plus de 300 peintures religieuses et 600 statues divines.



E. Guimet et F.Régamey au Japon accompagnés de leurs interprètes, lors d'un voyage au Japon en 1876
Félix Regamey


Le premier français à être parvenu au Japon semble être Guillaume Courtet (1590-1637) martyrisé à Nagasaki lors d'une mission d'évangélisation jésuite au moment de la proscription du Christianisme (le Japon soupçonne dès 1587 avec l'arrivée des premiers occidentaux - les portugais - la propagande chrétienne de vouloir envahir le pays). Une tentative veine menée par la foi établit donc les premiers contacts franco-japonais. Guimet et Régamey ont eu plus de chance, ils arrivent au Japon lorsqu'il est en pleine évolution et s'ouvre peu à peu à l'Europe. Ces deux français sont fascinés par ce pays. Régamey peint, dessine et rencontre de nombreux artistes tels que Kyôsai ou Rokubei. Guimet, lui, a le projet de fonder un musée des religions orientales, une bibliothèque, une école de bouddhisme, et en accord avec le gouvernement japonais, l'Ecole franco-japonaise de Lyon. La fascination pour le Japon ne date pas d'hier, et perdure encore aujourd'hui...

05 mar 2008

La symbolique des jardins japonais


image libre de droit, sxc.hu

Ayant participé à une conférence sur les jardins japonais il y a peu, je délivre à présent mon ressenti.[1]

Pour beaucoup le jardin est un lieu de promenade agencé de végétaux. Mais quand l’occident voit ceci, l’orient voit cela. Et cette loi abstraite de toutes règles mathématiques s’applique parfaitement aux jardins. Le Japon a emprunté ses premiers jardins à son voisin la Chine –soit- mais au Japon les jardins ne sont pas seulement un lieu de villégiature mais servent aussi de lieu de médiation ou pour les cérémonies de thé. Ces derniers ne s’agencent pas de la même façon, l’un est très épuré et axé autour d’un tas de gravier ratissé et l’autre suit un cheminement qui mène à la maison de thé. Bien sûr il existe des jardins de promenade, là où sont construits les résidences d’empereurs par exemple. Mais la diversité des jardins japonais reflète d’une manière antinomique leur uniformité culturelle. Que ce soit un jardin shinto, bouddhiste ou autre, les jardins japonais reflètent une symbolique propre à la culture nippone. Un pont, un simple pont par exemple transcrit le passage de l’âme d’une île de moindre importance à une autre plus importante. Tailler des arbres d’une certaine façon évoquera des nuages qui eux-mêmes évoqueront l’au-delà. Il n’y a jamais d’herbe mais toujours de la mousse. On ne choisit pas n’importe quelle pierre. On ne recherche pas toujours l’esthétique mais aussi la symbolique. Voilà ce qui fait réellement l'intérêt des jardins japonais.


[1] Il ne s’agit pas d’établir une synthèse, mais d’engager une réflexion.

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04 mar 2008

Réflexion sur l'adaptation

Comment s’acclimater à un pays oriental aussi extraordinaire que le Japon ? Tout ce qui caractérise notre petite Europe ne nous facilite pas vraiment la tâche. Quoique renfermée sur elle-même, on pourrait la considérer comme une île. Même monnaie, mêmes coutumes, mêmes religions, même physionomie, langues disparates certes mais l’Anglais unificateur apparaît comme le ciment linguistique au-delà des frontières. Les frontières justement, y’en aura-t-il toujours ? L’espace Schengen se veut rassurant mais ne rêvons pas, le nationalisme ne s’éteindra pas aussi facilement. A propos de nationalisme, le Japon fait-il aussi fort que l’Europe dans ce domaine ? Sûrement pas autant que la Chine et sûrement pas moins que l’Europe, il joue la balance. Mais ces clivages ne sont-ils pas finalement ce qui nous fait rêver de changement ? A quoi bon voyager si c’est pour trouver la même chose ailleurs ? Alors au fond, est-il chose facile de s’adapter ?

 

Résumons : la langue, on peut l’apprendre ou étaler le ciment. Le climat, c’est plus ou moins le même, les gens, très courtois, la politique, moins nocive que ses pays voisins, la religion, on garde la sienne, les coutumes, on s’en accommode, la criminalité, y’en a presque pas, alors que reste-il ? Et bien pas grand-chose. La distance peut-être. Les mentalités aussi, très différentes des nôtres. Ah et puis, la pauvreté, le suicide, la misère un peu comme partout. Finalement rien qui ne nous empêche de s’épanouir autant que dans un autre pays. Alors pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

01 mar 2008

Capturer l'instant


Toyonobu
Drinking Sake in a Pleasure House, n.d


Toujours ce désir - cette sensation - d'écorcher le vif. Le vif de ce qui nous anime, de ce que l'on est. Estampes ou nouvelles : les arts japonais veulent recréer l'instant présent. Cet instant est fait d'images, de mots qui vibrent et communiquent entre eux. Regardez ces personnages, que se disent-ils ? Cette mise en scène, dans quel but ? Ces questions n'ont qu'une valeur superficielle. Au-delà de la simple représentation d'une soirée arrosée se trouve la signification raisonnable de cette estampe. Où voir de la logique dans une oeuvre à priori futile ? Et bien ce qui est conforme à cette logique c'est l'intention de l'artiste. Quelle est son intention, c'est - à mon avis - la véritable question à se poser. Car l'acte qui détermine ce qui est accompli est précédé d'une intention volontaire.

Nous sommes au 18ème siècle, et le Japon, isolé du reste des continents s'épanouit dans l'art de l'Ukiyo-e. Là-bas, il n'est pas question de rococo ou de néo-classicisme. L'art y est plus modeste, et plus noble. Les dessinateurs dessinent, les sculpteurs gravent et les peintres peignent pour arriver au résultat final : l'estampe. Cet art est incroyablement cohérent. Une cohésion, une unité à vous faire pâlir les petits groupes de mouvement artistique français. Chacun y va de sa plume pour dessiner librement ce qu'il voit, ce qu'il vit. Ce n'est pas une révolution, mais cela a influencé bon nombre d'artistes européens de la même époque. Une liberté qui fait envie. L'intention c'est la liberté. Quoi de mieux comme source d'inspiration ? Je me pose toujours la question.

Brève introduction

L'asie, et tous les pays qui composent ce continent sont synonymes de voyage, d'évasion ou bien même d'aventure. Mais au-delà de la simple escapade se cache - se niche- ce qui constitue un pays, ce qui le construit, ce qui le fait coexister avec d'autres. L'essence d'un pays, ce que le fait vivre. Dans cette essence se trouve le mécanisme à toute une machine. Et comment ça marche ? Pour y répondre, une seule solution : observer, analyser, commenter.

Voilà une méthode qui me semble bien adaptée. Oh, il existe probablement d'autres moyens pour comprendre le mécanisme, mais quoi de mieux que de mettre les mains directement dans le cambouis ? Allons à la source des choses, là où jaillit l'essence dont je parlais toute à l'heure. Prenons rendez-vous, organisons des meetings, mettons nous d'accord sur des dates. Essayons ensemble de comprendre ce qui fait.

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